Le
terme « addiction » recouvre un champ
psychopathologique extrêmement large. En effet, il ne se
limite pas aux conduites toxicomaniaques, mais intègre les
dépendances sans substance, comme l'addiction au travail, au
jeu, à une personne, à l'exercice physique ou aux
achats. « Addiction » convient bien
également à l'anorexie (qui est une addiction au
rien) et même aux psychoses délirantes, le
délire pouvant devenir un évitement addictif de
la réalité.
Les symptômes
Pour
qu'il y ait addiction, il faut qu'il y ait dépendance.
Celle-ci se traduit par les
symptômes suivants :
-
La tolérance : Il y a une nécessité
d'augmenter les doses, parce qu'au bout d'un moment, une même
prise a un effet moindre.
-
Des symptômes de sevrage en cas d'arrêt de
l'addiction, comme les trémulations (tremblement des
extrêmités) en cas d'alcoolisme.
-
L'incapacité à contrôler la
consommation (ou les achats, etc.) malgré les efforts.
-
La poursuite de la consommation malgré les troubles qu'elle
engendre.
-
Il y a souvent un déni des conséquences
négatives liées à la
dépendance.
-
La personne passe de plus en plus de temps à la recherche du
produit (ou à un comportement).
-
Un abandon des activités habituelles de la personne, en
particulier celles qui étaient importantes pour elle
auparavant.
Guérir de
son addiction
Sortir
d'une addiction, c'est d'abord en éprouver le
désir. Ainsi, un psychologue ne peut pas
prétendre aider un patient alcoolique si celui-ci ne
souhaite pas s'en sortir.
A
l'inverse, si la personne a le désir d'en finir avec
l'addiction, la thérapeutique la plus adaptée est
double :
-
C'est un travail spécifique sur le comportement addictif.
Celui-ci peut être réalisé avec l'aide
d'un psychologue d'inspiration cognitivo-comportementale, qui aide
à éviter le comportement auto-destructeur ; d'un
sevrage en hôpital ou à domicile ; ou de la
participation à des réunions d'anciens
addictés, comme les Alcooliques Anonymes. Des
études récentes montrent l'impact essentiel de
ces réunions sur la consommation des anciens alcooliques.
- C'est
un travail sur les causes de l'addiction. Ce travail se fait
à plus long terme et vise à diminuer les rechutes
et à installer un état de santé
psychique durable. Les thérapies
d'inspiration psychanalytiques ou la psychanalyse sont donc menées
conjointement à une approche plus comportementale. Elles ont
une
raison d'être fondamentale : traiter la dépression
sous-jacente à la conduite addictive.
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